Regard sur le Népal

Il y a quelques années (en 2006… que le temps passe !), j’ai fais mon premier voyage hors de l’Europe dans un petit pays himalayen, coincé entre deux géants : l’Inde et la Chine. Cette année-là, le Népal a connu des bouleversements cruciaux pour son développement.

Contexte politique

Monarchie constitutionnelle depuis 1990, le Népal a connu en 2001 un grave retour en arrière lorsque le frère du roi Birendra, Gyanendra, s’est fait couronner roi suite au massacre de la quasi-totalité de la famille royale. Le rapport officiel rédigé après enquête commanditée par le nouveau roi établissait que le massacre avait été perpétré par le fils héritier du roi précédent, Dipendra, qui aurait retourné l’arme contre lui après son coup de folie. La plupart des népalais ne virent cependant dans cet assassinat qu’un complot de Gyanendra pour prendre le pouvoir, ce qui explique que ce dernier ne jouissait pas d’une grande popularité au Népal. Cette thèse du complot conforta aussi les maoïstes dans leurs exactions contre la monarchie lancées depuis 1996.

Le 1er février 2005, officiellement pour faire face à aux exactions de plus en plus violentes des maoïstes, le roi Gyanendra prit les pleins pouvoirs et dissolut le gouvernement. Un tel coup d’état n’était pas nouveau puisque le roi Mahendra avait lui-aussi dissous le gouvernement en 1960. Malgré ce coup de force, le roi ne maîtrisait cependant pas tout le pays mais seul Katmandou et sa vallée où la présence militaire et policière était très présente et établissait des barrages sur les principales routes autour de la capitale népalaise pour empêcher les rebelles maoïstes d’y pénétrer.

C’est en 2006, suite à de nombreuses manifestations qui ont coûté la vie à de nombreux citoyens (la police n’hésitait parfois pas à tirer dans la foule) que le roi a décidé de renoncer aux pleins pouvoirs et a accepté de rétablir le gouvernement.

Le premier ministre, Girija Prasad Koirala, nommé par le roi Gyanendra composa alors son gouvernement et se rapprocha des rebelles maoïstes, suite à des pourparlers, dans le but d’établir une trève durable (les conflits entre rebelles et armée auraient tué plus de 12500 personnes en une dizaine d’années). Cependant, et contrairement aux revendications des rebelles qui exigeaient une république démocratique, le premier ministre s’est refusé à renoncer à la monarchie assurant que le roi faisait pleinement partie du paysage politique népalais, menaçant de facto les négociations de paix.

Culture et coutûmes

Les népalais ont une culture mixte : hindouiste et bouddhiste et le pays compte de très nombreux temples. Le lien entre les deux religions est tellement étroit qu’il est fréquent de voir des temples où le premier étage est dédié à l’hindouisme alors que le second est dédié au bouddhisme, même s’il n’est pas simple pour un européen de les différencier…

Le pays compte aussi deux villes sacrées : Bodnath, ville sacrée des Bouddhistes qui abrite l’un des stûpa les plus grand du monde et Pashupatinath, ville sacrée des hindouistes, lieu saint consacré à Shiva, qui habrite de nombreux sâdhus, des ascètes hindous à qui les fidèles offrent de la nourriture. Les deux temples sont situés à à peine plus d’un kilomètre à vol d’oiseau. Pour dire la proximité des deux religions. Le Népal a d’ailleurs accueilli de nombreux réfugiés tibétains qui ont traversés la frontière lorsque la Chine a envahit le Tibet.

Les népalais sont très croyants, dès le matin, ils déposent des offrandes dans les temples, devant leurs boutiques ou même chez eux, souvent sous la forme de nourriture (un peu de riz), de fleurs, de pigments de couleurs ou d’encens. Dans les temples hindouistes, ils brûlent des bougies ou de l’encens pour leurs prières alors que dans les temples bouddhistes, ils font tourner les moulins à prières.

Vie quotidienne

La vie, au Népal, se fait dans la rue. Il n’est pas rare de voir une femme qui allaite ou qui donne le bain à son enfant au détour d’un chemin. Les couleurs et les senteurs abondent. Rien n’est pâle, tout éclate ! L’ouïe n’est pas en reste non plus. Et peu à peu, ce sont tous les sens qui pétillent. Les rues sont bruyantes, les voitures, les motos ou les bus, nombreux dans les rues de Katmandou, klaxonnent à tout va, peut-être toutes les 5 à 10 secondes pour se faire remarquer. La circulation est chaotique et la signalisation sonore est indispensable.

En plus de tout cela, les rues sont poussiéreuses. La pollution n’est pas un vain mot là-bas (en tout cas, ce ne l’était pas en 2006). Au bout de deux semaines, les poumons en prenaient un sacré coup et une toux chronique apparaissait subitement… D’ailleurs, à Katmandou, beaucoup de gens portent un masque, surtout en vélo ou en moto. Les hindous brûlant leurs morts au bord des rivières et jetant les cendres dedans, il n’est pas rare d’y trouver une dent… Les rivières aux abords des villes sont souvent nauséabondes et seuls les cochons s’en approchent.

Mais peu importe tout cela finalement. Il est très agréable de se promener dans les rues, surtout à Bhaktapur (une ville splendide, malheureusement en partie détruite par le tremblement de terre de 2015), et de remarquer des véhicules inconnus jusqu’alors, de voir des tenues vestimentaires colorées, d’assister à des scènes de la vie quotidienne.

Quoiqu’il en soit, et loin des préoccupations politiques, le Népal reste l’un des pays les plus pauvres du monde. Avec un salaire mensuel moyen de 30 dollards, la majorité des gens sont plus occupés à survivre qu’à s’intéresser à la politique. Et lorsque l’on demande aux népalais leur avis sur leur roi, on ressent une gêne dans leur réponse ambigüe.

Ainsi, lorsque l’on se promène dans les rues de Katmandou ou autres villes touristiques nous, européens, sommes assailli de demandes. Les vendeurs veulent vendre leurs marchandises, les enfants demandent des bonbons ou des stylos, les adolescents demandent des dictionnaires anglais/népali et les parents demandent du lait en poudre pour leurs bébés… difficile de satisfaire tout le monde. Mais les gens sont très curieux, surtout les enfants qui adorent les photos.

A l’inverse, dans les campagnes, les gens sont trop occupés dans les champs et n’ont guère le temps de demander quoi que ce soit tandis que les commerçants passent leurs journées à attendre d’éventuels clients. Ennui ou sieste pour certains, le temps passe lentement et paisiblement au son des piaillements d’oiseaux ou des jeux d’enfants lorsque ceci ne travaillent pas aussi.

Que visiter au Népal ?

Je vous conseille de visiter le Népal en tenant compte des jours de l’an bouddhiste et hindouiste. Ils sont très proches l’un de l’autre et même si la date change chaque année, le temps est en général agréable à cette saison. N’hésitez donc pas à préparer votre voyage à l’avance pour bien anticiper les dates.

Bhaktapur est vraiment mon coup de cœur, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle a malheureusement était durement touchée par le tremblement de terre de 2015. Je vous conseille vraiment de passer du temps dans cette ville agréable. Moins grande et moins polluée que Katmandou, la vie y est aussi plus tranquille et la ville est vraiment magnifique.

Indispensable :

Katmandou et le temple de Swayambunath

Nouvel an bouddhiste à Bodnath

Nouvel an hindouiste à Pashupatinath

Les temples de Bhaktapur et de Patan

 

La campagne dans la vallée de Katmandou pour faire contraste avec l’agitation de la ville et sa pollution.

Si vous avez plus de temps, n’hésitez pas à aller dans l’Himalaya, évidemment incontournable pour un trek, ainsi qu’au Tibet, tout proche.

Où dormir ?

Il y a de nombreux hôtels abordables et vous trouverez des hôtels très corrects pour vraiment pas cher. Je vous conseille de passer au moins 2 nuits à Bhaktapur pour profiter pleinement de ses moindres recoins. La ville héberge aussi de nombreux festivals, renseignez-vous avant de réserver votre hôtel.

Hôtels chics à Katmandou :

Hôtel Shanker

Hôtel Tibet International

Hôtels chics à Bhaktapur :

Hôtel Thagu Chhen

Hôtel Heritage

Hôtels routards à Katmandou :

Hôtel World Heritage

Hôtel Kathmandu Regency

Hôtels routards à Bhaktapur :

Hôtel Terracotta

Yeti Guesthouse

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