Voyage en Turquie : d’Istanbul à la Cappadoce

La Turquie est un pays étrange : à la fois ouvert aux autres et très replié sur lui-même… L’impression générale que j’ai eu de la Turquie a changé du tout au tout au fur et à mesure que nous avancions, ma femme et moi, vers l’Est. Je n’ai jamais rencontré des gens aussi gentils qu’à Istanbul ou en Cappadoce, comme je ne me suis jamais senti aussi mal à l’aise qu’à la frontière syrienne, près du Mont Nemrut… Et pour ne rien vous cacher, alors que nous comptions visiter un temple tout près de la Syrie (c’était avant la guerre, évidemment !), nous avons finalement préféré revenir vers le nord-ouest, où nous avons pu à nouveau nous sentir plus à l’aise.

Contexte politique

Le gouvernement actuel de Turquie devient de plus en plus autoritaire : repli nationaliste autour d’Erdogan, emprisonnement de journalistes dénoncés par Amnesty International et menaces contre les Kurdes qui se battent actuellement en Syrie contre Daech.

Ma femme qui a, par exemple, récemment signé une pétition pour la liberté de parole et de manifestation vient tout juste de recevoir, à notre adresse personnelle, une lettre du ministère turc de l’intérieur lui expliquant les raisons, selon lui, de tels agissements. Intimidation ou simple envie de se justifier ? Un peu flippant quand même…

Istanbul

Anciennement connue sous le nom de Byzance, puis de Constantinople, Istanbul a une très longue histoire. Capitale de l’Empire romain d’Orient, puis capitale de l’Empire ottoman, elle fut le lieu de nombreuses batailles et de nombreux sièges. Construite à cheval sur les continents européen et asiatique, de part et d’autre du détroit du Bosphore, elle était et reste une ville stratégique pour contrôler le commerce de la mer Noire et entre les deux continents.

Le symbole d’Istanbul, et peut-être même de la Turquie, est sans doute la basilique Sainte-Sophie. Transformée en mosquée au 15ème siècle, elle est aujourd’hui un musée. Non loin de là, la Mosquée Bleue et le grand bazar offrent aussi des endroits incontournables à visiter.

Mais Istanbul, c’est aussi le symbole de l’accueil des turcs. Ainsi, le dernier jour de notre voyage, alors que nous nous étions perdus pour retourner à l’aéroport, un conducteur de bus n’hésita pas à dévier de sa route et fit même appel à l’aide d’un taxi pour nous permettre de retrouver l’aéroport et nous éviter de rater notre vol ! Je ne suis pas sûr que nous aurions eu la même chance en France…

L’ouest de la Turquie

Sur la route de la Cappadoce, nous avons traversé le détroit du Bosphore avec un ferry, dans un bus que nous avions directement pris à Istanbul, pour nous diriger vers Éphèse. Antique ville grecque qui abrita le temple d’Artémis (considéré comme la quatrième des sept merveilles du monde antique) ainsi que la bibliothèque de Celsus, nous avons eu la chance de pouvoir admirer ces ruines, très tôt le matin, alors que la masse de touristes n’était pas encore arrivée.

En quittant Éphèse, et toujours sur la route de la Cappadoce, nous nous sommes ensuite rendus à Pamukkale où se trouve une drôle de particularité géologique. Des sources d’eau chaude, riche en dioxyde de carbone qui, au contact de l’air, se précipite en carbonate de calcium, forment en effet des concrétions d’un blanc si pur que l’on jurerait de la neige. Ce n’est qu’en se rapprochant suffisamment que l’on découvre les piscines en étages remplies d’une eau bleutée qui donne une seule envie : se baigner dedans ! Si la baignade est interdite dans les piscines naturelles, il est cependant possible de se baigner dans une piscine artificielle, créée non loin. Pensez donc à apporter un maillot ! 😉

La Cappadoce

Nous avons posé nos valises dans le petit village d’Uchisar d’où il est possible d’explorer les différentes vallées à pied. La particularité des vallées de Cappadoce est qu’elles ont été sculptées par l’érosion pendant des siècles, créant des réseaux de ravines multicolores et des cheminées de fées impressionnantes. Chaque vallée porte le nom de la couleur de la roche qui la compose. Vous pourrez ainsi vous promener dans la vallée rose, la vallée rouge, la vallée blanche, mais aussi dans la vallée de l’amour où les cheminées de fées font très fortement penser à des symboles phalliques.

Mais la région d’Uchisar (et de Göreme) est aussi connue pour ses maisons troglodytes remontant à l’époque où les chrétiens se cachaient de Rome. Le lieu compte d’ailleurs de nombreuses églises, elles aussi troglodytes, sculptées à même la roche. Quelques unes ont même encore des peintures ! Il existe même une ville entièrement souterraine à Derinkuyu près de Nevşehir ! Pour la petite anecdote, là-bas, un homme qui avait vécu plusieurs années en Allemagne nous invita à manger dans un restaurant pour nous souhaiter la bienvenue dans sa région (encore un exemple du fameux accueil turc). De notre guesthouse, nous avions une vue imprenable sur la vallée et ces anciennes maisons, dont quelques unes sont toujours en usage. Et le matin, très tôt, il est possible d’entendre des bruits étranges venus du ciel… Respiration asthmatique de nombreuses montgolfières volant lentement dans la brume matinale.

La route retour pour Istanbul

Avant de retourner à Istanbul, nous avons poussé plus à l’est notre périple car nous voulions aller jusqu’au Mont Nemrut, admirer le coucher de soleil. Malheureusement, si proche de la frontière syrienne, j’avoue que l’ambiance du village n’était pas vraiment agréable. Surtout pour ma femme qui avait pourtant mis un pantalon et un voile sur les épaules. Le soir, au restaurant, elle était la seule femme dans la salle et tous les regards étaient tournés vers elle… assez incommodant ! Comme je l’ai déjà dit, nous sommes vite remontés au nord-ouest, direction Safranbolu, un pittoresque village où, comme son nom l’indique, le safran est roi et l’ambiance moins délétère.

Mais dans le reste de la Turquie rurale, la vie est rythmée par l’agriculture : récolte des feuilles de tabac ou de safran (plus au nord), fabrication du pain traditionnel (galettes très fines), « préparation » d’une chèvre pour le repas.

Se déplacer

N’hésitez pas à prendre le bus ! Les lignes longues distances sont très bien développées et il y a beaucoup de bus de nuit. L’avantage étant de voyager sur de longues distances (la Turquie est un grand pays !) tout en économisant l’hôtel ! Pas la peine de réserver à l’avance, vous pouvez acheter vos billets sur place, dans les gares routières. Nous n’avons jamais eu de problème pour avoir des sièges (au mois de septembre). Par contre, il ne faut pas compter sur le confort… mais quand on est jeune, on est résistant ! 😉

Pour la petite histoire, après la Cappadoce, nous avions prévu d’aller au Mont Nemrut. Nous nous sommes donc rendus à la gare routière de Kayseri. Là-bas un homme, très amical, nous demande si nous pouvons discuter, ce que nous acceptons, ma femme et moi, bien volontiers. Il propose de se promener à l’extérieur tout en parlant et nous déambulons entre les bus, jusqu’à un banc où nous nous asseyons. Là, l’homme, d’une vingtaine d’années, commence à conter différentes histoires de karaté, de sports de combats et à tenter de me dévaloriser aux yeux de ma femme. Je commençais donc à être un peu mal à l’aise. Heureusement, ma femme répondis avec un peu d’humour, jusqu’au moment où l’homme nous demanda carrément si nous voulions, ma femme et moi, aller dormir à l’hôtel avec lui…. Il faisait nuit et je n’étais pas très rassuré. Par chance, notre bus est arrivé juste à ce moment-là et nous nous sommes rapidement échappés, prétextant que nous risquions de le rater. Donc si je peux vous donner un conseil important, lorsque vous voyagez (quelque soit le pays), restez toujours sur vos gardes et évitez de vous éloigner des endroits publics, surtout de nuit.

Et vous ? Avez-vous vécu des drôles d’histoires durant vos voyages ? Si oui, partagez vos anecdotes dans les commentaires ! 😉

Indispensable :

Istanbul et ses mosquées

Le site archéologique d’Éphèse

Pamukkale et ses eaux thermales

Uchisar et les différentes vallées

 

La Cappadoce est réellement un des mes endroits favoris et un site où j’aimerais retourner. Nous y avons fait d’incroyables rencontres et les gens sont vraiment très ouverts.

Pour ma part, j’étais allé au Mont Nemrut, mais je vous déconseille le voyage, qui est assez long pour finalement pas grand chose à voir. De plus, vu sa proximité (toute relative) avec la Syrie, il est peut-être plus prudent d’éviter cette zone actuellement.

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